Contribution au Grenelle de l'Environnement
Réponse à "Evaluer l’impact environnemental des outils économiques existants"
Notre économie est basée sur les flux. L’OMC a pour but de favoriser les échanges internationaux de produits et de services : un Etat membre de l’OMC ne peut refuser les produits en provenance d’un autre Etat membre. La possibilité qui lui est laissée est d’établir des droits de douanes par catégorie de produit fixées par l’OMC. Une fois ce droit fixé, il s’applique sans discrimination à tous les membres de l’OMC, ce qui a un intérêt polique evident : il n’est plus possible d’exercer des mesures de rétorsion économique à l’encontre d’un autre pays membre. L’association "USA Engage" a d’ailleurs réussi à annuler la décision d’une université américaine qui refusait d’acheter son matériel sportif s’il était produit en Birmanie, en raison de leur non respect des Droits de l’homme les plus élémentaires. Ce mécanisme est donc à double tranchant.
L’Union européenne bénéficiait jusqu’au traité de Maastricht d’une dérogation prévue par l’OMC : le statut de Zone Economique Régionale, qui permettait de se prévaloir de la préférence communautaire. Depuis 1996, cette dérogation a été écartée par l’UE, ouvrant ses frontières aux pays de l’OMC dans des conditions quasi égales à celles prévues pour les produits en provenance d’Europe.
Il est aujourd’hui impératif de pouvoir rendre moins compétitifs les produits venant de l’étranger s’ils ne respectent pas les standards environnementaux. Il ne s’agit pas de se replier et de mettre fin aux échanges internationaux, mais de protéger la compétitivité des entreprises respectueuses. Aujourd’hui, l’incitation est à la délocalisation des activités en direction des Etats aux exigences basses. C’est cette tendance qu’il faut impérativement renverser car même une politique environnementale européenne n’aura d’impact si la préférence communautaire n’est pas rétablie.
Sans vouloir minimiser sa importance, en particulier par sa capacité à mettre en avant les enjeux, la négociation internationale a montré ses limites : Kyoto n’a pas eu les effets escomptés. Il n’y a qu’une attitude qui sera déterminante : refuser nos marchés aux produits qui ne s’alignent pas sur des standards minimums. Cette mesure n’est pas discriminatoire : aucun Etat n’est visé, mais simplement les méthodes de production des entreprises. Nous pouvons adopter une attitude unilatérale ou européenne en considérant que les mesures prises tombent sur le coup de la marge de manoeuvre laissée par l’OMC : la protection de la santé.
Crédit image : La Documentation française : Pays membres de l'OMC.

1 Comments:
Salut
je te fais un copier coller du commentaire que j'ai mis sur le site Natura Vox en réaction à ton article ...le sujet me paraissant mériter débat ...
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Problème intéressant que tu soulèves ... celui , pour te citer, des "méthodes de production des entreprises"... les MPP
Moyennant quoi, je pense que si le Grenelle de l’Environne n’a pas abordé frontalement ce problème c’est par réalisme ... et du réalisme il en faut sous peine de pratiquer ce que Milan Kundera appelait de "judo moral" dans son petit livre ( par la taille pas par le contenu) "La Lenteur".
Il faut d’abord rappeler que les quotas et les restrictions quantitatives sont, par principe interdits par l’Article XI du GATT ....
Ensuite, les restrictions au commerce international fondées sur des MPP...Elles ne sont pas pour l’heure admise dans le commerce international principalement parce que les Pays en Développement et les Pays les Moins Avances ...n’en veulent surtout pas ... et ces pays n’ont peut être pas tort si on considère que la pauvreté est une cause majeure de dégradation de l’Environnement. Ce qui peut entraver le développement de ces pays est susceptible d’augmenter ou figer les pollutions dans ces pays ...
Le problème des Procédés et Méthodes de Productions (MPP) pose la question de savoir si pour autoriser la commercialisation d’un produit importé, un pays importateur, comme la France, doit s’arrêter aux seules qualités et caractéristiques intrinsèques du produit ou doit-on envisager les modes de production. La question est cruciale, car, si l’on ne retient que la qualité intrinsèque des produits( est ce que le produit en lui-même ou son utilisation/consommation est susceptible de dégrader l’environnement) sans se préoccuper des dégradations environnementales que peut provoquer la production, on incite les pays du nord à délocaliser les productions les plus polluantes vers les pays du sud plutôt que de faire les efforts techniques et financiers nécessaires pour atteindre des modes de production plus respectueux de l’environnement, autrement dit, une forme de dumping à la pollution.
Si l’on retient comme critère, outre les qualités intrinsèques, mais également la manière dont est élaborée la marchandise, on risque de créer des barrières techniques pouvant être insupportables pour les PED et les PMA qui n’ont pas les moyens financiers et structurels, considérant leur niveau de développement, leur permettant d’atteindre des standards de production plus respectueux de l’Environnement. Autrement dit, du protectionnisme vert De fait, les accords de l’OMC ( cependant voir accord SPS qui prévoit les MPP en son annexe 1 – point 1) ne retiennent que la qualité intrinsèque des produits. Cela a pour résultat qu’un état, comme la France peut appliquer des politiques environnementales nationales, mais cela empêche que ces normes nationales françaises (par exemple) aient un caractère extraterritorial. Dans le cas contraire, on accepterait une harmonisation forcée de règles nationales par une extension hors de ses frontières d’une règle nationale française ( par exemple) ou émanant d’un système régional. Une telle idée est, avec fermeté, rejetée par les PED qui y voient l’introduction d’un protectionnisme vert qui serait des plus préjudiciables à leur développement économique en imposant des standards qu’ils craignent ne pouvoir adopter ou suivre. L’effet pervers d’une telle analyse de la similarité est que, les États développés, ne pouvant imposer de restrictions basées sur les MPP aux produits importés, renoncent à les imposer aux produits nationaux pour ne pas créer un avantage environnemental aux produits importés. C’est une partie du problème des écotaxes
Il faudrait donc pour introduire des restrictions aux importations basées sur les MPP modifiés en profondeur les accords de l’OMC ( le cycle de Doha tente de le faire..)...
Pour cela, compte tenu du principe « d’accord unique » de l’OMC, il faudrait que cette modification soit obtenue par un large consensus, ou en cas de vote par les membres, qu’elle soit adoptée à la majorité des 2/3 ( ou des 3/4 ) .... je vous rappelle que le principe du vote à l’OMC c’est un pays = une voix sans tenir compte du poids économique ou démographique .... et les Pays en Développement sont largement majoritaires à l’OMC ... et ils ne veulent pas de restrictions au commerce basé sur les MPP...Ils n’accepteront pas d’autoflinguer leurs économies sans que les pays développés procèdent à des véritables efforts en terme de coopération, de transferts (gratuit) de technologies, d’aides financières, d’ouverture des marchés ( notamment agricole) etc ...
Autrement dit, cela ne se fera que si les Pays Développes font les efforts nécessaires pour que le système économique mondial soit plus équitable .... autrement dit que les pays du nord renoncent partiellement aux avantages économiques qu’ils détiennent grâce à la mainmise du Nord sur les technologies ....
Ce n’est pas demain que les pays du nord voudront renoncer à leurs avantages comparatifs ....
C’est donc à juste titre que le Grenelle de l’Environnement ne s’est pas attaché à cette question .... qui relève d’une négociation de caractére et d’enjeux mondiaux ....
D’où l’importance pour les défendeurs de l’Environnement pour que le Cycle de Doha avance notamment sur les discussions ouvertes sur le Développement Durable et sur l’Environnement ( mandat confié à la Commission Commerce et Environnement de l’OMC)
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Philippe, at 08 octobre, 2007 22:26
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